bcazeau
Sénateur de la Dordogne

Mon engagement en faveur de l'attribution du Prix Nobel de la Paix à Monseigneur Louis Raphael Sako, Patriarche des Chaldéens en Irak.


Rédigé le Jeudi 1 Février 2018 à 15:31 | Lu 75 commentaire(s)


Madame la Présidente du Comité Nobel norvégien, Madame Bérit Reiss-Anderson,

J'ai l'honneur de solliciter de votre bienveillance l'attribution du Prix Nobel de la Paix en faveur de Monseigneur Louis Raphael Sako, Patriarche des Chaldéens. Cette démarche s’associe à celles entreprises par nombreuses personnalités politiques, de la société civile et des autorités religieuses.


Mon engagement en faveur de l'attribution du Prix Nobel de la Paix à Monseigneur Louis Raphael Sako, Patriarche des Chaldéens en Irak.
Je veux relayer son engagement en faveur de la paix au Proche-Orient. Président du groupe sénatorial d’amitié France-Irak, j’ai eu l’occasion, lors de mes déplacements, de constater son action concrète, sur le terrain, visant à promouvoir la réconciliation de toutes les composantes de la société irakienne.
 
Voilà un peu plus de quatre ans, il a combattu par ses propres moyens, ceux du dialogue, de l’altruisme et de l’entraide, contre Daech. Monseigneur Louis Raphael Sako a alerté la communauté internationale, avec succès lors ses interventions à l’organisation des Nations unies et à la conférence de Paris sur les minorités, sur les crimes commis envers les populations qui s’y trouvaient. Et parmi lesquelles de nombreuses personnes appartenant à des communautés constitutives de l’histoire, de l’identité et de l’avenir de cette région, ont été chassées et persécutées.
 
Nous savons, grâce à son action, que la communauté yézidie a été tout particulièrement et durement touchée, avec des femmes réduites à l’esclavage sexuel. Il a soutenu sans distinctions religieuse, ethnique et politique, les autres minorités qui avaient également été victimes de violences et de persécutions : les Turkmènes, les chrétiens d’Orient, les Kurdes, les sabéens, les Shabaks. Plus généralement, tous ceux, sunnites ou chiites, qui refusaient de se soumettre à Daech.
 
 
Le Moyen-Orient a été le théâtre d’une opération d’épuration qui visait à éliminer l’ensemble des personnes appartenant à ces minorités, à ces groupes, à ces populations. Le dialogue en Irak doit être un facteur crucial pour une reconstruction réussie de la nation, l'une des conditions essentielles à la paix durable est l'effacement progressif des peurs institutionnalisées par Daech.
 
Monseigneur Louis Raphael Sako incarne ce dialogue et est respecté chez ses interlocuteurs de toutes confessions, de toutes opinions, pour l'honnêteté, la sincérité, la simplicité, la générosité. Il n'y a d'autre voie que celle de la modération. L'extrémisme et la violence, quels que soient leur appellation et le pays dans lequel ils se produisent, ne conduiront qu'à la destruction et à l'annihilation.
 
La leçon de vie politique et morale de Monseigneur Louis Raphael Sako, c'est ainsi sa détermination à lutter contre l'oppression et l'injustice, c'est le refus de renier des principes et des valeurs, c'est le courage des compromis difficiles et des paroles de vérité. Une leçon éminemment contemporaine : dépasser ses blocages et préjugés pour mieux détecter ceux des opposants ; analyser les points de tension de façon ponctuelle; trouver les mots qui feront écho chez l'autre : faire l'effort de comprendre autrui, c'est lui permettre d’être compris en retour, mobiliser les bonnes volontés malgré les divergences d'opinion ; proposer un projet commun pour dépasser les clivages ; garder les symboles positifs de chaque partie, mettre cartes sur table en exposant les désastres que peuvent causer l'entêtement ; faire raconter les faits pour crever l'abcès ; favoriser l'écoute mutuelle et l'émergence du pardon.
 
C'est pourquoi, je pense qu'il serait juste que le comité Nobel Norvégien lui rende hommage pour l'ensemble de son action en lui décernant ce prix. Cette requête a reçu l'appui de plus de 125 Sénateurs ainsi que 115 Députés. En vous remerciant de l'attention que vous porterez à cette demande, je vous prie de croire, Madame la Présidente, en l'assurance de mes respectueuses salutations.
 
Bernard CAZEAU
Sénateur de la Dordogne



Partager ce site

Inscription à la newsletter