bcazeau
Sénateur de la Dordogne

Ma mission sénatoriale de contrôle de nos forces armées à Djibouti.


Rédigé le Mercredi 4 Avril 2018 à 11:59 | Lu 19 commentaire(s)


Dans le cadre d’une visite de contrôle du Sénat sur nos bases militaires à Djibouti, je m'y suis rendu, avec la délégation de la Commission de la Défense, des affaires étrangères et des forces armées sur ce territoire, composée de Philippe Paul, Gilbert-Luc Devinaz et Hugues Saury, du 19 au 22 mars dernier.


Voisine de l’Ethiopie, de la Somalie (Etat du Somaliland), de l’Erythrée et, par la mer, du Yémen, la République de Djibouti fait figure d’îlot de stabilité dans une zone sensible. Cette stabilité est renforcée par la présence de forces militaires de différents pays qui y sont stationnées. Son port, d’importance stratégique, sert d’escale à de nombreuses marines étrangères.

Djibouti et la France sont restées proches depuis l’indépendance. Djibouti est un îlot francophone de la Corne de l’Afrique. Le français est avec l’arabe l’une des deux langues officielles du pays et les autorités conservent un fort attachement à la francophonie, considérée comme le principal fait générateur de l’identité nationale de Djibouti.

La présence des forces françaises sur le territoire djiboutien est encadrée par le Traité de coopération en matière de défense signé le 21 décembre 2011 entre la République de Djibouti et la France.

Les Forces françaises stationnées à Djibouti constituent le contingent le plus important de forces de présence françaises en Afrique et l’une des deux bases opérationnelles avancées sur ce continent. La présence permanente de forces françaises à Djibouti répond aux orientations du livre blanc sur la défense et la sécurité nationale de 2013, qui définit cette région comme une des priorités stratégiques de la France.

Le commandement des Forces françaises stationnées à Djibouti (COMFOR) et de la base de défense (COMBdD) des FFDJ est exercé par un officier général qui relève directement du chef d’état-major des armées.

Avec 1450 militaires déployés, les Forces françaises stationnées à Djibouti (FFDj) s’articulent autour de cinq emprises principales centrées sur Djibouti :

le 5e régiment interarmes d’outre-mer (5e RIAOM) ;

le détachement de l’aviation légère de l’armée de terre (DETALAT) armant 2 hélicoptères Puma et 1 Gazelle ;

la base aérienne 188 (BA 188) avec ses 4 avions de défense aérienne Mirage 2000-5, 1 avion de transport tactique C160 Transall, 2 hélicoptères Puma ;

la base navale ;

le centre d’entraînement au combat et d’aguerrissement au désert de Djibouti (CECAD).

Les FFDj sont composées :

d’un état-major interarmées ;

de moyens d’infanterie (AMX 10 RC, VAB, canon de 155mm, mortier de 120mm) ;

du groupement de soutien de la base de défense (GSBdD) des FFDj et des formations relevant du soutien spécialisé (SEA, SID, SSA, DIRISI) ;

d’une prévôté, armée par la Gendarmerie Nationale.

Les missions

Positionnées sur la façade Est de l’Afrique, les FFDj constituent une plateforme stratégique, opérationnelle et logistique aussi appelée base opérationnelle avancée (BOA). A ce titre, les FFDj sont en mesure d’accueillir mais également projeter rapidement des forces en cas de crise dans la sous-région, vers l’océan Indien ou le Moyen-Orient.

En tant que BOA, les FFDj :

sont en mesure de soutenir les opérations dans la zone en facilitant notamment les mouvements des forces (acheminements, désengagements, relèves humaines et matérielles) ;

fournissent un point d’appui logistique aéroportuaire aux forces françaises mais aussi aux forces djiboutiennes et aux contingents alliés engagées dans la région ;

forment un réservoir de forces aguerries, acclimatées et entraînées rapidement projetables en cas de crise dans la sous-région ;

assurent une présence militaire en mesure d’assurer la protection des ressortissants dans leur zone de responsabilité permanente (ZRP).

L’autre volet de la mission des FFDj consiste à :

mettre en œuvre la coopération militaire bilatérale avec la République de Djibouti en contribuant à la défense du territoire djiboutien, de son espace aérien et de ses eaux territoriales et en se tenant prêtes à fournir, si besoin, un appui aux opérations de secours sur terre et en mer ;

animer la coopération régionale avec les alliés présents dans la sous-région et soutenir, le cas échéant, les opérations multinationales comme l’opération européenne de lutte contre la piraterie, Atalante. A ce titre, les FFDj accueillent les détachements espagnols et allemand et le FHQSA (état-major de soutien logistique) et assurent le soutien des bâtiments français mais aussi étrangers engagés dans cette opération ;

accompagner les Etats africains de leur ZRP dans l’appropriation de leur sécurité nationale collective. Pour cela, les FFDj délivrent des formations et contribuant à la préparation opérationnelle des contingents africain avant leur engagement au sein de missions multinationales ou d’opérations de maintien de la paix. A ce titre, depuis 2006, les FFDj envoient un détachement d’instruction opérationnelle (DIO) pour la formation des bataillons ougandais aux missions de maintien de la paix et destinés à être déployés en Somalie dans le cadre de l’opération AMISOM ;

réaliser des actions civilo-militaires au profit de la population régionale ;

contribuer à l’aguerrissement en milieu désertique des unités permanentes ou en mission de courte durée des FFDj mais aussi des unités ou des écoles venues de métropole, des forces djiboutiennes ou encore des forces alliées grâce aux infrastructures du CECAD.

Focus

Depuis 15 ans, les FFDj ont été engagées dans les opérations suivantes :

Barkhane dans la bande sahélo-saharienne en 2015,

Evacuation de ressortissants du Yémen en 2015,

Chammal en Irak en 2014-2015,

Sangaris en République de Centrafrique en 2014,

Aide alimentaire de la France acheminée par les FFDj et les forces armées djiboutiennes (FAD) dans le cadre de la crise alimentaire sévissant dans la Corne de l’Afrique en 2011,

Piratage du Tanit en 2009,

Piratage du Ponant et du Carré d’As en 2008,

Boali en Centrafrique en 2007,

Béryx suite au tsunami de fin décembre 2004 en Asie du Sud-Est en 2005,

Artémis en République démocratique du Congo en 2003,

Licorne en République de Côte d'Ivoire en 2002,

Mission des Nations-Unies en Ethiopie et en Erythrée en 2000-2001,

Participation aux opérations de secours suite à l'attentat sur l’USS Cole en 2000,

Khor Angar dans le cadre du conflit entre l'Ethiopie et l'Erythrée en 1999-2000,

Sources : EMA - FFDJ 
Droits : Ministère de la Défense






Partager ce site

Inscription à la newsletter